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Enjeux - L'eau
1. Cette fragile ressource indispensable à la vie |
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2.2 La contamination 2.3 L'épuration 2.4 Les barrages
3. La politique nationale de l'eau 3.1 Protection des territoires 3.3 Utilisateur-payeur et pollueur-payeur 3.4 Lutte contre le gaspillage
4. Sources |
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Cette fragile ressource indispensable à la vie |
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L'eau est un élément indispensable à la vie. Elle constitue 60 à 65% de la masse de tout être humain [1]. La Terre est la planète du système solaire où l'on trouve le plus d'eau en surface et dans l'atmosphère, d'où son nom de « planète bleue ». De plus, elle est la seule planète connue à ce jour où l'eau existe sous forme liquide. Ces conditions exceptionnelles ont participé à rendre possible le développement de la vie sur notre planète.
Malgré l'abondance d'eau sur terre, la ressource en eau douce est limitée. En effet, cette ressource indispensable à l'être humain ne constitue que 2,5% de l'eau couvrant la surface de la Terre. De plus, près de 70% de cette eau douce est inaccessible car prisonnière des glaces, sous forme gazeuse ou enfouie profondément dans le sol. Ainsi, moins de 1% de toute l'eau douce disponible sur terre peut être facilement utilisée pour répondre aux besoins de l'être humain. |
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Les eaux continentales sont constituées pour presque 97% par les eaux souterraines, si l'on exclut les eaux prises dans les glaces (CNRS, 2005). Cette réserve est extrêmement importante par son volume, mais également à cause du rôle de régulation qu'elle assume vis-à-vis des lacs et rivières. En effet, les eaux souterraines alimentent le débit de base des cours d'eau.
Comme le renouvellement des eaux souterraines est très lent (le temps de résidence d'une molécule d'eau y est d'environ 1 400 ans, comparativement à 16 jours pour une rivière ou encore un an pour la plupart des lacs (CNRS, 2005), il est primordial de les préserver de toute contamination qui les rendrait impropres à l'utilisation pendant des temps relativement longs. |
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Problèmes liés aux activités humaines |
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1. La surconsommation
Au cours du siècle passé, deux facteurs principaux ont entraîné une hausse de la demande en eau : développement industriel et expansion agricole. À elle seule, l'agriculture représente plus de 70% des prélèvements en eau dans le monde [5].
En moyenne, au Québec, la consommation domestique d'eau est de 400 litres par jour par individu (Ministère de l'Environnement, 2003). Cette valeur est bien supérieure aux 80 litres estimés nécessaires par jour et par personne pour assurer la qualité de vie [1].
D'après Environnement Canada, jusqu'à 30% du volume total d'eau transporté par canalisation est perdu en raison de la présence de fuites (Environnement Canada, 2005). La saison estivale est propice à la surconsommation d'eau (jusqu'à +50%) du fait du remplissage des piscines et de l'arrosage massif des pelouses. Ainsi, dès la troisième fin de semaine de mai, 180 millions de litres d'eau sont utilisés pour remplir les 44 000 piscines de la ville de Québec, soit assez d'eau pour environ 6 200 personnes pendant toute une année [8]. |
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2. La contamination
Outre la surconsommation, les activités humaines créent des problèmes de contamination des ressources en eau. En effet, ces activités rejettent dans l'eau des substances indésirables issues des égouts sanitaires, des réservoirs souterrains, des huiles de moteur usagées, des sels de route, des engrais, des pesticides, des déchets d'élevage du bétail, etc... Une seule goutte d'huile rend impropre à la consommation 25 litres d'eau potable et 1.0 g de 2,4-D (herbicide) suffit pour contaminer 10 millions de litres d'eau potable (Environnement Canada, 2004).
Dans le sud du Québec, l'expansion de l'agriculture a pour conséquence de forts problèmes de contamination des rivières par le phosphore. L'élevage porcin, couplé aux cultures du maïs et du soja à vocation fourragère, produit une grande quantité de fumiers riches en phosphore. De plus, les cultures de maïs consomment la moitié de tous les pesticides vendus au Québec [10]. Plus généralement, deux cours d'eau sur trois dépassent la norme de phosphore dans la vallée du Saint-Laurent et 55% du phosphore provient de sources diffuses d'origine principalement agricoles [11]. Cet élément est la principale cause du phénomène d'eutrophisation, qui entraîne le vieillissement accéléré de lacs tels les lacs Memphrémagog, Waterloo et Boivin [12].
L'expansion agricole ainsi que la croissance démographique ont également pour conséquence le recul des milieux humides (par remblai ou drainage) et de la forêt. Ainsi, on estime que 70% des milieux humides aient déjà disparu aux abords des grandes villes du Québec [13].
L'agriculture n'est pas la seule source de contamination des eaux. A Montréal, des dizaines de cours d'eau importants sont pollués et menacés d'assèchement [14]. La pollution provient essentiellement du ruissellement sur les routes et du débordement des égouts où transitent les eaux pluviales. Dans le lac Saint-Pierre, les rejets d'industries polluantes, d'égouts municipaux, le dragage et le batillage des navires marchands et des navires de plaisance ont pour conséquence la présence de métaux lourds (notamment du mercure), de produits chimiques, de phosphore et de matières en suspension apportées en grande quantité par les affluents. De plus, les pesticides sont omniprésents [15].
Les contaminants peuvent également être transportés par l'air puis être piégés dans les eaux. Cette source aérienne est loin d'être négligeable. En effet, au Canada entre 1998 et 2002, un milliard de kg de produits chimiques toxiques a été largué chaque année dans l'air du bassin des grands lacs par les industries et les services publics [16]. D'ailleurs, une étude a révélé la présence de plus de 360 produits chimiques différents dans l'eau des grands lacs [9]. Les centrales thermiques au charbon des USA et de l'Ontario libèrent aussi de grandes quantités de mercure dans l'atmosphère (44t en 2002 aux USA) [17]. Cet élément est absorbé par les milieux humides du Québec et se retrouve dans les lacs. Non seulement toxique, le mercure est également une substance persistante, ce qui signifie qu'elle tend à se dégrader très lentement dans l'environnement. Au Québec, le mercure contamine plusieurs espèces de poissons tels que le brochet, le doré et le maskinongé. |
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3. L'épuration
Lutter contre cette contamination implique une épuration efficace des eaux usées rejetées dans l'environnement. Environ 57% des Canadiens sont desservis par une station d'épuration des eaux usées, comparativement à 74% pour les Américains, 87% pour les Allemands et 99% pour les Suédois [9]. La station d'épuration de Montréal dessert toute la ville depuis 1996 seulement [18]. Antérieurement, le secteur du port rejetait ses eaux usées directement dans le fleuve. Cette station traite à elle seule 50% des eaux usées du Québec depuis 20 ans [19]. Mais le traitement reste imparfait car l'usine ne comporte pas de système de désinfection des eaux. Ceci constitue une des sources de pollution majeures du fleuve Saint-Laurent [19]. De plus le système n'a pas la capacité de traiter toutes les eaux lors de pluies abondantes. En conséquence, la station d'épuration de Montréal envisage fortement l'utilisation de réservoirs de rétention (Pierre Purenne, 2005).
Le développement immobilier peut également interférer avec l'efficacité du traitement des eaux usées. Par exemple, la ville de Sherbrooke s'était vu imposer un moratoire sur son développement immobilier en raison d'une surcharge des stations de traitement des eaux usées existantes [20]. |
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4. Les barrages
Un autre impact humain à prendre en compte sur les milieux aquatiques : les barrages. Ils retiennent les sédiments transportés par les rivières. Cela induit une érosion accrue au niveau des embouchures, où ces sédiments ne se déposent plus. De plus, les opérations hydriques font sans cesse fluctuer le niveau des eaux et provoquent l'érosion des berges [22]. |
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Sources détaillées |
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[1] Corporation St-Laurent, cycle de l'eau.org, 2003. [5] Agence France Presse, 18 mars 2005. [8] Marie Caouette, Le Soleil, 20 mai 2005. [10] Charles Côté, La Presse, 3 mai 2005. [11] Louis-Gilles Francœur, Le Devoir, 29 avril 2005. [12] Caroline Boisclair, La Voix de l'Est, 16 juin 2005. [13] Jean-Philippe Fortin, La Presse, 30 mai 2005. [14] Charles Côté, La Presse, 14 décembre 2004. [15] Brigitte Trahan, La Presse, 4 décembre 2004. [16] PC, Le Devoir, 8 juin 2005. [17] Charles Côté, La Presse, 12 janvier 2005. [18] Sébastien Rodrigue, La Presse, 21 juin 2005. [19] Sébastien Rodrigue, La Presse, 29 avril 2005. [21] Denis Dufresne, La Tribune, 19 avril 2005. [22] Yves Soucy, Le Droit, 8 février 2005. [24] Charles Côté, La Presse, 1er janvier 2005. [25] Presse Canadienne, 1er décembre 2004. [26] Dominique La Haye, Le Droit, 13 juin 2005. [27] Presse Canadienne, 15 août 2005. |
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* Textes : Marie Larchevêque, PhD |
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